Un réseau d’acteurs diversifié au service d’une démarche exploratoire multifocale et multi échelles, pour identifier les vulnérabilités dans toutes leurs dimensions et évaluer dans la durée les leviers de résilience de la région grenobloise.

Une expérimentation menée dans l'aire grenobloise, sur le modèle du Global risk report conduit par le forum économique de Davos

L’idée est de proposer une transposition locale du Global Risk Report porté par le Forum Economique Mondial (« Forum de Davos »). Ce rapport annuel analyse depuis 2006 les risques systémiques à l’échelle mondiale, à travers une approche globale : risques environnementaux, géopolitiques, sociaux, technologiques, économiques.

Il met en œuvre une approche croisée fondée sur :

  • Une analyse à dire d’experts, qui mobilise de nombreux spécialistes
  • Une enquête auprès de décideurs mondiaux (Quels risques sont perçus comme les plus graves à court, moyen et long termes ? Quel est le niveau de préparation mondial pour y faire face ?).

Vers un baromètre local pour identifier les risques, vulnérabilités et leviers de résilience dans toutes leurs dimensions

Le projet mené par l’Atelier des Futurs s'appuie sur cette démarche dans le cadre d’une approche locale pour éclairer les vulnérabilités et le potentiel de résilience de l’aire grenobloise.

Reproduit et enrichi chaque année, le Rapport annuel sur les risques et la résilience s’attachera à faire la synthèse des connaissances existantes avec l’appui d’experts et de chercheurs locaux, avec 3 fils conducteurs :

  • Elargir le regard : dans une approche prospective, élargir la focale au-delà des risques naturels et technologiques déjà pris en compte dans les plans de prévention.
  • Répondre demain aux besoins fondamentaux : identifier risques et fragilités pouvant porter atteinte à notre capacité de réponse à ces besoins.
  • Se préparer à faire face : identifier risques et fragilités pouvant porter atteinte à notre capacité d’anticipation et d’action.

La première brique du projet : une liste des risques et vulnérabilités dans l'aire grenobloise

En 2022, le groupe de pilotage partenarial du RARRe s’est réuni à plusieurs reprises pour définir la méthode de mise en œuvre du projet et établir une première liste locale de risques et vulnérabilités, en s’inspirant de celle du Global Risk Report.

Le 12 juillet, une séance fondatrice

Cette première liste a été mise en débat au sein du groupe de travail. Afin de libérer les imaginaires, la séance s’est déroulée sous la forme d’un « jeu des sept familles des risques et vulnérabilités dans l’aire grenobloise ». L’objectif était de constituer la liste de référence pour la suite du travail  ; cette liste comporte désormais 45 risques répartis en 6 grandes familles.

Les premiers enseignements

Les débats ont permis de repréciser un certain nombre d’enjeux :

  • Conduire une lecture prospective des risques à l’échelle de notre territoire dans le cadre d’une vision globale et systémique est une clé d’anticipation indispensable : pour identifier les risques qui vont apparaître ou s’aggraver mais aussi, pour repérer les dégradations « à bas bruit » comme autant de fragilités insidieuses.
  • Regarder la situation en face, au prisme des conséquences locales d’un « nouvel état du monde » (canicule, sécheresse, incendies, raréfaction et prix de l’énergie, paupérisation…) nous invite à  prendre acte de difficultés « déjà là » et durables pour sortir d’une logique de réaction et pouvoir se préparer.
  • Mettre en débat la perception et la définition des risques, car en la matière la neutralité est impossible. Selon l’angle de vue, les réponses à apporter seront différentes. Ainsi par exemple, la « défiance envers les institutions » donne à penser que le problème vient d’une population qui n’a plus confiance. Mais en déplaçant le regard on interroge a contrario la capacité des institutions à susciter la confiance ou l’adhésion des habitants. Dans le même ordre idée, des risques perçus comme tels (par exemple les rébellions sociales) peuvent in fine être des vecteurs de changement.
  • Identifier les chaînes de dépendance, en considérant que « le cumul des risques est un risque en soi ». Au-delà des possibles réactions en chaîne d’une catastrophe majeure, il est nécessaire d’identifier les fragilités induites par nos dépendances vis-à-vis du pétrole ou du gaz, des chaînes d’approvisionnement mondialisées, du numérique, etc., mais aussi, d’intégrer les effets en cascade et conséquences locales du réchauffement climatique (eau, agriculture, tourisme, santé, etc.). Des outils de prise de conscience pourraient être développés, comme par exemple la conception d’une « fresque locale des risques, fragilités et interdépendances critiques ».

Trois balises pour 2023

En 2023, le travail va se poursuivre pour aboutir à un premier rapport annuel sur les risques et la résilience dans l’aire grenobloise, avec :

Lou Herrmann

  • Une analyse de l’exposition actuelle et future du territoire et des populations de l’aire grenobloise aux risques identifiés, en  documentant la manière dont chaque risque se manifeste spécifiquement sur le territoire (probabilité, évolution future, populations concernées, etc.).
  • Une enquête  pour explorer la représentation des risques auprès des habitants, des élus, des acteurs socioéconomiques.
  • Un premier Forum du RARRe pour mettre en débat les résultats, réfléchir collectivement à des pistes de résilience et orienter la suite du travail.

 Et ensuite ?

Il est souhaitable d’enrichir et reconduire la démarche chaque année.