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Lost in transition 2019 : l'Agence pilote d'ateliers de la Fnau

Publié le

Lors des 40e rencontres nationales de la Fnau, l'Agence a animé deux ateliers sur les thèmes : Métabolismes, les flux de matières au service de l'intertterritorialité et de La résilience des territoires face aux risques.

L’AGENCE PILOTE D’ATELIERS DE LA FNAU

Temps fort de l’urbanisme en France, les rencontres nationales de la Fnau sont l’occasion pour les agences, les collectivités locales, les services de l’État, les grands opérateurs publics et privés… de se rencontrer et de travailler ensemble sur les territoires de demain.
Partant d’un postulat commun - celui de la transition qui impacte chaque territoire et repose sur les ressources propres à chacun - le pari de cette 40e rencontre, joliment intitulée Lost in transition – relier les territoires, était à la fois simple et ambitieux : démontrer l’indissociable dépendance des territoires face à l’enjeu majeur d’un développement partagé. Comment faire en sorte que les différents territoires se pensent et se construisent sur le mode de l’interdépendance et non de l’indifférence ou de la confrontation ?

Partie prenante, l'agence grenobloise était parmi les pilotes de deux ateliers très riches.

MÉTABOLISMES : LES FLUX DE MATIÈRES AU SERVICE DE L’INTERTERRITORIALITÉ
Constant Berrou représentait l’Agence grenobloise

L’objectif de la Fnau était ambitieux, elle avait choisi d’immerger plus de 80 participants dans le métabolisme territorial à travers l’exploration de deux flux (alimentation et matériaux de construction) pour mieux comprendre comment l’économie circulaire vient réinterroger les modèles de développement urbain.
Le métabolisme territorial n’est pas une nouvelle discipline, ni un nouveau modèle de développement. Pas davantage une solution clé en main pour affronter les transitions sociétales. Il serait plutôt une façon nouvelle de poser le regard et de porter une analyse sur le fonctionnement économique, social et environnemental de nos sociétés, sans craindre de l’appréhender dans toute sa complexité et de façon systémique. Un regard qui s’exerce à travers une meilleure connaissance de l’organisation des flux de matières et d’énergie, mais qui accorde également une plus grande attention aux interrelations entre acteurs. Cette approche apporte des éléments utiles pour guider les politiques publiques et construire de nouvelles formes de coopération entre territoires, dans un contexte de mutation profonde des schémas économiques et sociaux modernes. Une manière de faire progresser la réflexion sur la résilience des territoires, de faire évoluer l’urbanisme réglementaire, de nourrir et revivifier le dialogue interterritorial et pour finir, de reconsidérer la chaîne de l’urbanisme opérationnel et pré-opérationnel. Du grain à moudre pour les agences...

RÉSILIENCE DES TERRITOIRES FACE AUX RISQUES : OBJECTIF OU PROCESSUS ?
Frédéric Pontoire représentait l’Agence grenobloise

Les agences d’urbanisme sont de plus en plus souvent interpellées par le sujet des risques. Leurs travaux portent au quotidien sur les réponses aux attentes des territoires, en particulier l’intégration des risques dans les projets urbains, les projets de territoire et les documents d’urbanisme, dans un objectif de réduction de la vulnérabilité des enjeux économiques et humains et de plus grande résilience. Dans ce cadre, durant tout une journée de travail, en la présence d’intervenants de haut-vol, plusieurs réflexions étaient mises en débat.

PRÉCISER LA RÉSILIENCE : DÉTOURS CONCEPTUELS

Dans un contexte de multiplication des catastrophes en tous genres sur des territoires au fonctionnement de plus en plus complexe, les questions soulevées par le concept de résilience se posent aujourd’hui avec une acuité croissante, exprimée en première instance par Magali ReghezzaZitt (ENS) : “ La résilience implique des choix forts en matière d’adaptation des territoires (…) Elle ne peut pas être que technique et technocratique, mais elle implique forcément une mobilisation politique et des choix de gouvernance (…) c’est un processus et des méthodes plus qu’un objectif unique… ”

DÉCLOISONNEMENT ET ÉCHANGES
Les acteurs mobilisés dans la gestion du risque inondation partagent le constat. Face à l’augmentation des risques, il est urgent d’agir avec un maître-mot : décloisonner (les échelles, les territoires et surtout les champs de compétences). Ils font remonter le besoin d’outils communs pour articuler la gestion de crise.

FAVORISER L’URBANISME RÉSILIENT
Les participants sont d’accord sur ce point : la planification territoriale et les projets sont des solutions pour faciliter la résilience des territoires à risques, en permettant de faire émerger des formes urbaines adaptées au contexte. Cela implique tout d’abord une connaissance étoffée des aléas et une définition commune des enjeux, ainsi que de l’inventivité. Cela sous-entend également un alignement des positions des acteurs, en premier lieu avec les services de l’État, selon un partenariat à consolider. Ils invitent enfin à porter une attention particulière aux périmètres de travail (le quartier, l’îlot). Rechercher une réduction de la vulnérabilité apparaît donc comme un potentiel de projet, dans le respect des équilibres naturels.

SORTIR DU CERCLE DES ÉLUS ET TECHNICIENS
Une balade urbaine sur le thème de la protection contre le risque inondation à Vitry-sur-Seine a souligné la dimension participative des stratégies de résilience avec les habitants et les usagers des territoires. Elle a montré le fort besoin d’échanges entre techniciens et « profanes ». Car il existe souvent une « connaissance du risque » mais pas forcément de « culture du risque », entendue au sens d’une prise de conscience engendrant des changements conséquents par les individus eux-mêmes.

COMMENT AMÉNAGER NOS TERRITOIRES DANS L’INCERTITUDE ?
Cette journée a permis de poser les fondements des stratégies de résilience : il s’agit désormais d’apprendre à mieux vivre avec le risque. Un des futurs grands défis semble résider dans le partage de l’information et de la connaissance. Les agences d’urbanisme pourraient trouver une place en tant que tiers de confiance et plateforme locale (observation, systématisation du « diagnostic des vulnérabilités et des ressources », proposition d’orientations d’urbanisme résilient) pour dessiner la résilience territoriale future.

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©C-Lopez-Institut-Paris-Region
Visite au sein de la friche KDI à la Courneuve (93)

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©L-de-Biasi-Institut-Paris-Region
Visite à La Ferme de Gally, installée sur la Plaine de Versailles (78)

Rencontres nationales de la Fnau 2019