Menée en 2018, l'étude exploratoire du sillon alpin apporte un regard distancié sur le développement des centralités des territoires alpins. La méthodologie a été déclinée au département de l'Isère.

La polarisation du sillon alpin : un sujet de longue date

Tout géographe a appris un jour que le sillon alpin est le nom donné par Raoul Blanchard à la longue dépression qui sépare les Préalpes du Nord des massifs cristallins des Alpes, sur la trace du« sillon subalpin » des géologues. Mais depuis plusieurs années, sans jamais parvenir à se structurer au plan institutionnel, ce territoire sans frontières tend à désigner le chapelet de villes alpines organisé autour des quatre pôles urbains majeurs que sont Grenoble, Chambéry, Annecy et Genève. La polarisation (identification d’espaces urbains fonctionnels en interaction) est de longue date un sujet au coeur des documents-cadres qui se sont succédés à l’échelle du sillon alpin. Des premières lois d’orientations foncières au Grenelle 2, jusqu’aux lois récentes venues restructurer pour partie les documents de planification, plusieurs documents sont venus encadrer l’aménagement du territoire, mais sans réelle portée.

L’ancien projet de Directive territoriale d’aménagement (DTA) Alpes du Nord avait cependant identifié des orientations stratégiques de l’État en termes de structuration multipolaire, préservation et valorisation des espaces naturels et des ressources, ainsi que de promotion d’un tourisme respectueux de l’environnement et d’un système de transports durables.

Une étude pour mettre en évidence interactions et dynamiques

Comment objectiver ce concept de structuration multipolaire et s’assurer que la réalité de l’évolution urbaine du sillon alpin est en adéquation avec les orientations fixées par les documents de planification ?
C’est pour répondre à cette question de la Dreal Auvergne-Rhône-Alpes que l’Agence a inscrit à son programme une étude exploratoire sur le sillon alpin. Elle a été menée en 2018 dans la continuité de celle réalisée par les agences d’urbanisme de Lyon et Saint-Étienne sur leur aire métropolitaine (finalisée en octobre 2017). Objectif : apporter un regard distancié sur le développement des centralités du territoire alpin.
L’étude propose d’une part, sur la base de statistiques communales objectives, une toile des centralités (82 communes constituent le maillage principal des polarités de ce vaste espace où résident 54 % de la population totale du sillon alpin, dont Genevois Suisse). Et d’autre part, une analyse des dynamiques de polarisation/dépolarisation (résultat d’une étude à un temps T et suivant une méthodologie donnée). Elle vient opérer une prise de recul sur les tendances des dernières décennies en matière de développement démographique, d’emplois, et donc urbain, du sillon alpin.

Une méthodologie déployée pour le département de l'Isère

Le Département de l’Isère conduit des réflexions pour accompagner la dynamisation des centre-bourgs et les villes moyennes iséroises. Pour ajuster au mieux ses propres compétences, et services à l’évolution des territoires et des populations, il a souhaité bénéficier d’une approche typologique des polarités des territoires et de leur dynamique. En réponse, l’Agence a pu adapter la méthode déployée à l’échelle du sillon alpin au contexte départemental pour hiérarchiser et qualifier une cinquantaine de centralités iséroises.

PUBLICATION

Etude Polarités sillon alpin, 2019

CARTOGRAPHIE

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AURG
Hiérarchie des polarités du sillon alpin