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Débat à l’Agence : les défis de l’action publique territoriale

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A l'occasion de l'Assemblée générale de l'Agence jeudi 3 juin 2019, un débat a été organisé sur le thème "Les défis de l’action publique territoriale", en présence de Nicolas Kada et Didier Locatelli.

Les défis de l'action publique territoriale en débat

L’Assemblée générale de l’Agence s’est tenue le jeudi 3 juin 2019, en présence d’une trentaine d’élus et de partenaires.

À cette occasion, elle a proposé un débat sur le thème “Les défis de l’action publique territoriale” , en présence de Nicolas Kada, professeur agrégé de Droit public, à l’initiative, avec Vincent Aubelle, de Les grandes figures de la décentralisation : de l’Ancien Régime à nos jours et de Didier Locatelli, Directeur du Cabinet New Deal, auteur de l’étude Quel monde territorial demain et quel logiciel de l’action publique territoriale ? pour l’Assemblée des directeurs généraux des communautés de France (AdGCF).
Benoît Parent, directeur de l’Agence, a introduit le débat en citant Michel Serres : “Nous sommes en train de vivre une période exceptionnelle de l’Histoire. On a vécu 70 ans de paix, l’espérance de vie a cru jusqu’à 80 ans, la population paysanne est passée de 75 à 2 %… Par conséquent, toutes les institutions que nous avons créées l’ont été à une époque où le monde n’était pas ce qu’il est devenu.” Sont-elles donc obsolètes ? “À peu près toutes le sont. Elles sont désadaptées par rapport à l’état actuel du monde.” (France Inter – 26 mai 2019).
Entre élections à venir et crise sociale, des questionnements voire des remises en cause émanent des experts et des élus.
Lassitude, méfiance, morosité…* Les citoyens font moins confiance aux élus. Le décalage entre les politiques déployées par les institutions publiques et les attentes des concitoyens se creusent. Quel est aujourd’hui le sens de l’action publique territoriale ? Quel rôle a joué la décentralisation ? Le modèle est-il adapté aux ruptures constatées et aux enjeux à venir ?…
Nicolas Kada est revenu sur les racines, l’histoire et les figures-clés qui ont créé la décentralisation que nous connaissons aujourd’hui.
Didier Locatelli a réinterrogé les idéologies qui constituent aujourd’hui le socle de la décentralisation : mythologie de la fameuse taille critique, idéologie du local comme échelle naturelle de la démocratie…. et remise en cause des grands principes : l’égalité comme promesse territoriale, la proximité comme marqueur de l’efficacité territoriale, l’autonomie rimant avec foisonnement et multiplication des services et des équipements…
Il a rappelé que des mutations ont eu lieu des dernières années qui doivent davantage être prise en compte au sein des territoires : évolution des modes de vie, travail des femmes, mobilités physique et professionnelle, changement des temporalités…

Comment inventer un nouveau modèle, comment élargir les périmètres, accepter que les territoires n’aient pas les mêmes atouts et les mêmes capacités à se développer, mais pas non plus les mêmes besoins ; comment développer une politique publique territorialisée mieux coordonnée, pour mieux co-financer, co-collaborer, co-produire… comment prendre en compte la parole de citoyens qui s’exprime en dehors de l’action publique ? L’action publique peut-elle et doit-elle avoir réponse à tout ? …

*Baromètre de la confiance politique du Cevipof


Retrouvez les principaux échanges filmés lors du débat

Les grandes figures de la décentralisation, de l’Ancien Régime à nos jours