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Ville émergente 2.0 : le covoiturage, porteur de nouvelles centralités ?

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Le travail des étudiants de l'IUGA portait sur le concept de la ville émergente 2.0, sur les lieux de rendez-vous du covoiturage issu des plates-formes numériques de mise en relation. Retour sur l'atelier numérique.

Retour sur l’atelier numérique des étudiants en master 1 et 2 IDT2 à l’IUGA

Dans le cadre des travaux du Conseil scientifique de l’Agence consacré pour l’année 2018 – 2019 au thème « Territoires et numérique(s) », un atelier a été commandé aux étudiants du Master Ingénierie du Développement Territorial et de la Transition (IDT²) de l’Institut d’Urbanisme et de Géographie de Grenoble (IUGA). Ce travail portait sur le concept de la ville émergente 2.0 et plus précisément, sur les lieux de rendez-vous du covoiturage issu des plates-formes numériques de mise en relation. Ce groupe d’une dizaine d’étudiants a essayé d’explorer la capacité de ces sites à engendrer de nouvelles centralités au regard des flux qu’ils drainent.

Pour ce faire, cet atelier s’est déroulé en trois temps. Le premier a permis d’identifier les lieux de covoiturage longue distance sur la base des données « BlaBlaCar ». Le second temps a été consacré à la qualification des usages via un travail d’observation et d’enquêtes sur cinq sites, complété d’entretiens avec des acteurs publics et privés du covoiturage. Le dernier temps fort de ce travail fut l’organisation d’un atelier prospectif. Il s’est déroulé à l’Agence et a permis à des professionnels ainsi qu’à des usagers du covoiturage d’échanger pour imaginer le point de covoiturage idéal sur deux sites emblématiques, Vallier-Catane (premier point de rendez-vous pour le covoiturage organisé, voir photo ci-dessous) et Voreppe (lieu de covoiturage informel pour les trajets domicile-travail).

Cet atelier dont la restitution a eu lieu le 12 février a permis de faire ressortir que les points de rendez-vous « BlaBlaCar » n’ont pas le potentiel aujourd’hui pour devenir des centralités multifonctionnelles associant à la fois commerces, équipements et espaces publics fédérateurs. En effet, les flux drainés par le covoiturage restent confidentiels, même s’ils peuvent être très concentrés sur une courte période de la semaine (vendredi soir essentiellement). Ce constat trouve une explication dans l’absence d’attente des usagers en matière d’aménagement, alors même que le niveau de confort est bien souvent très rudimentaire. Cependant, les collectivités ont un rôle à jouer afin de mieux appréhender ces lieux émergents, notamment pour des questions de sécurité routière mais surtout, pour aménager ces sites de manière à les rendre incontournables. Pour cela, les étudiants proposent dans leur conclusion une série de critères de réussite pour gérer et renforcer la pratique du covoiturage, notamment en vue de développer le covoiturage quotidien et spontané.

Les points de rendez-vous « blablacar » n’ont pas le potentiel aujourd’hui pour devenir des centralités multifonctionnelles.

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Sources : Qgis, API Blablacar