La création de l’Agence municipale d’urbanisme (AMU) en 1966 répond à la volonté de la municipalité grenobloise, nouvellement élue, de s’affranchir des tutelles étatiques.

Les idées-forces qui l’animent sont : le contrôle municipal de l’urbanisation, le refus de ségrégation résidentielle et spatiale, la structuration de la vie sociale autour des équipements collectifs et le dialogue avec la population et les usagers. (Jean-Michel Roux et Charles Ambrosino).
Chargée de la mise à jour du plan directeur du groupement d’urbanisme (21 communes), elle compte alors une vingtaine de collaborateurs qui se répartissent dans un atelier d’urbanisme, un groupe d’études socio-démographiques, un groupe d’études économiques et un secrétariat administratif et technique.
Dès ses premiers mois d’activité, les frontières municipales lui apparaissent trop étroites pour étudier le développement de la cité. En février 1967, les 21 communes du groupement d’urbanisme de Grenoble créent un syndicat intercommunal d’études des problèmes d’urbanisme de la région grenobloise : le SIEPURG.
C’est par un arrêté préfectoral, le 15 avril, que le périmètre d’étude de l’AMU est étendu aux autres groupements d’urbanisme : le Grésivaudan, l’avant-pays de Chartreuse, la moyenne Isère, la Basse Gresse et le plateau de Champagnier. L’AMU devient alors l’Agence d’urbanisme de l’agglomération grenobloise (l’AUAG). C’est l’une des toute première créée en France.

“La municipalité de Grenoble, faisant preuve d’un esprit de coopération tout à son honneur, acceptait que sa propre agence d’urbanisme disparaisse pour servir de support à l’Agence d’agglomération.”
Revue d’information des Ministères de l’équipement et du logement, des transports, 1968

La loi d’orientation foncière est votée le 25 décembre 1967. Elle impose aux agglomérations d’établir, sous l’autorité du préfet, un Schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme (SDAU) fixant les grandes options de répartition des fonctions sur le territoire. Dans le même temps, les communes doivent établir un Plan d’occupation des sols (POS) en conformité avec le SDAU.
À la fin de l’année 1968, l’Agence d’urbanisme de l’Agglomération grenobloise publiera un Livre blanc, fruit des études menées pour proposer un programme général d’aménagement sur une aire couvrant 101 communes, 1 220 km², où 430 000 habitants seront recensés en 1968.

Épousant son périmètre d’études, elle devient l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise (AURG) en 1973.

(…) L’urbanisme devenait l’outil nécessaire à la maîtrise de l’évolution territoriale et, en même temps, le moyen d’accéder à un stade plus élevé d’autonomie locale.
Jacques Joly

50 ans plus tard, en 2017, l’aire d’intervention de l’Agence s’est considérablement agrandie. Née d’une première volonté de coopération urbaine à l’échelle intercommunale, elle se trouve aujourd’hui aux manettes de l’élaboration de cinq PLUi, dont celui de la jeune métropole grenobloise qui rassemble désormais 49 communes. L’aventure continue.