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Centralités métropolitaines : avant tout une « expérience sensorielle » ?

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Le 31 mars 2017 à l’Agence, s’est tenue une séance de restitution du travail en atelier d’un groupe d’étudiants en master Ingénierie du développement territorial et de la transition (IDT2) à l’IGA

Vizille, cas d’école pour un atelier universitaire mené avec l’IGA

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Après l’introduction par l’Agence des objectifs de l’atelier et du territoire d’étude, les étudiants ont exposé les résultats de leurs travaux devant une dizaine de techniciens de Grenoble-Alpes Métropole et de l’Agence. Un temps d’échanges s’en est suivi.

Explorer le « sentiment de centralité »

L’Agence d’urbanisme organise chaque année des ateliers avec les étudiants en master de l’IGA et de l’IUG. En 2015-2016, elle avait confié aux étudiants du master IDT2 de l’IGA un travail sur « les pôles de vie de la métropole Grenobloise : organisation, pratiques et usages de quatre ensembles de pôles ». Il s’agissait d’étudier les pôles de vie pluricommunaux du plateau de Champagnier, de Saint-Martin-le-Vinoux, Fontaine et Vizille.

18 pôles de vie répartis en 4 espaces avaient alors été soumis à leur « analyse sensible », menée en immersion sur le site à différents moments de la journée, à l’appui d’un questionnaire proposé à des passants.

Le fonctionnement des pôles étudiés avait ensuite été étudié en croisant les dimensions fonctionnelles (fonctions / éléments attractifs du pôle), sensibles (ressenti des étudiants concernant la qualité et l’ambiance urbaine des lieux…) et les pratiques des habitants (à partir des questionnaires). Ce travail avait mis en lumière la nécessité de prendre également en compte le « sentiment de centralité » lié aux perceptions des usagers du pôle (« c’est animé, convivial, urbain… »), un sentiment que les questionnaires et la seule étude fonctionnelle ne laissaient pas transparaître.

En 2016-2017, une nouvelle commande a donc été passée auprès du master IDT2 pour approfondir la réflexion et caractériser ce sentiment de centralité de façon plus scientifique et objective, à l’aide notamment d’enquêtes auprès des habitants. Une fois ce sentiment établi, il s’agissait de le mettre en perspective avec les usages des pôles étudiés (fréquence et motifs d’usage, espaces et équipements fréquentés, parcours au sein du pôle, modes d’accès…), d’évaluer les écarts entre le ressenti et la réalité fonctionnelle, d’en déduire des propositions d’aménagement, et de définir une méthodologie reproductible.

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Vizille, identifiée comme centralité métropolitaine du Grand Sud de la Métropole et un pôle majeur pour le PLUi, a été le terrain d’expérimentation de cette étude (cf. documents en téléchargement ci-contre), enrichie au fil des réflexions en cours sur l’aménagement de la commune. Le travail d’enquête mené en immersion s’est révélé très profitable pour nourrir le PLUi métropolitain et les réflexions prospectives de Grenoble-Alpes Métropole et de l’Agence d’urbanisme.

La centralité métropolitaine selon les habitants : un espace en six dimensions

Les étudiants, forts de leur bonne connaissance du terrain, se sont saisis du sujet proposé pour questionner le caractère d’agrément des centralités : permet-il de qualifier une centralité aux yeux de ceux qui la pratiquent ?

4 pôles vizillois ont été étudiés, dont la zone d’activité de Cornage, la place du Château, le parc du Château de Vizille, et un pôle constitué autour du lycée professionnel de Vizille.

145 usagers et habitants ont été interrogés. L’enquête portait sur les fonctionnalités des espaces et la mobilisation des sens, à partir de cartes mentales et de parcours où les personnes interrogées pouvaient noter leur trajet, les autres centralités connues d’eux à Vizille, les aménagements souhaitables, etc.

Cette exploration sensible a fait émerger trois types de pôles :

  • Le pôle du parc du Château, très central ;
  • La ZA Cornage, non centrale mais considérée comme agréable ;
  • Les pôles du lycée et de la place du Château, perçus comme des centralités potentielles, à l’amélioration desquelles il faut travailler.

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Parmi les éléments qualifiant généralement la notion de centre de vie, six dimensions ont la préférence des habitants sur le territoire d’étude : la présence de commerces et d’espaces verts, et des dimensions sensorielles comme les couleurs, les odeurs, la qualité des textures et de l’environnement sonore. L’analyse identifie clairement un lien entre les variables sensorielles et non sensorielles, qui apparaissent statistiquement liées : leur intensité va de pair et, dès lors que cette intensité faiblit, le sentiment de centralité disparait.

Vizille 2040

En complément de ce travail de terrain, une séance prospective « Vizille 2040 » a été organisée à l’Agence en février 2017 pour croiser les visions des professionnels (Agence d’urbanisme et services de Grenoble-Alpes Métropole et de la commune de Vizille) avec celles des usagers et habitants, et les amener à réfléchir ensemble au développement de Vizille comme centralité métropolitaine, dans une perspective de long terme. Quatre thématiques ont été balayées : Vizille dans la métropole (liens, rayonnement) ; éléments remarquables dans la commune ; mobilités (flux et espaces d’échanges) ; espaces publics et espaces verts.

L’analyse géographique des résultats a révélé deux modes de structuration pour 2040, sur les espaces de friches et le centre bourg selon un maillage Est-Ouest, et plusieurs éléments tels que travailler les centralités multipolaires, développer un maillage piéton-vélo, développer l’animation du pole château, reconnecter la place au château, etc.

Fait intéressant, l’atelier a révélé que professionnels et habitants partageaient la lecture des espaces à enjeux. C’est donc dans l’appréciation des solutions que le travail doit être mené en plus étroite collaboration, pour mieux satisfaire les attentes.