Panorama (non exhaustif) et enjeux dans l'aire grenobloise

par Clément Dreveton, Chargé d'études Mobilités & Territoires

Au-delà des nouvelles mobilités, de nouveaux services

Parmi les nouveaux services de mobilité, nous pouvons en distinguer deux types :

  • les services de vélos et trottinettes (location, libre-service, réparations, consignes...)
  • les services de mobilités partagées, facilitant les pratiques du covoiturage ou de l’autopartage.

La plateforme France Mobilités, qui répertorie les solutions et innovations de mobilité, identifie 221 services existants ou en cours de création en matière de mobilité partagée en France. Dans l'aire grenobloise, une dizaine d'expérimentations est recensée. 

Concernant les services de mobilité emblématiques autour du véloVélo’V (à Lyon) et Vélib’ (Paris) constituent aujourd’hui une référence internationale en matière de système de vélos en libre-service. Ils ont participé dans bon nombre territoires à la redynamisation du vélo en milieu urbain. Dans la Métropole grenobloise, depuis 2004, le service Métrovélo en est la déclinaison locale, avec non pas un service de libre-service mais un service de location « de 1 jour à 1 ans ». Une large gamme de vélos (classique, biporteur, triporteur, allongé, pliant, à assistance électrique...) est proposée aux usagers, ainsi que des services associés qui se développent progressivement : réparation, consignes, conseils, équipements et accessoires... 
Depuis mai 2021, les Vélos à assistance électrique (VAE) double-Pony (pour rouler à deux !) en libre-service viennent compléter l'offre actuelle sur la région grenobloise.

Autopartage, covoiturage... les services de mobilité partagés ont connu un fort essor ces dernières années.

L’autopartage a été sous les feux des projecteurs avec le service Autolib’ en région parisienne. Aujourd’hui, une vingtaine de structures différentes jouent des coudes pour se faire une place dans les villes françaises. 
Sur l'aire grenobloise, Citiz Alpes-Loire propose sur le territoire du Smmag, 142 véhicules et compte environ 3 000 clients. Faire connaître l'autopartage, diversifier la flotte de véhicules, proposer de nouveaux services en s'appuyant sur les grands pôles multimodaux (les gares TER en premier lieu) et des entreprises volontaires font partie des leviers de développement de ce réseau coopératif d'autopartage.

Blablacar a révolutionné le covoiturage longue distance au début des années 2000. D'autres plateformes et services ont depuis vu le jour sur les territoires, tels que Mov'ici, plateforme de mise en relation portée par la région Auvergne-Rhône-Alpes, Rezopouce spécialisés dans l'autostop au quotidien et Illicov, covoiturage spontané. La voie de covoiturage sur l'A48 mise en place l'année dernière vers Grenoble, associée aux lignes de covoiturage M’Covoit’Ligne +, vient s'ajouter à ces différents services.

Les nouveaux services liés aux mobilités sont en pleine explosion, favorisés par le numérique. Plateformes de mises en relations, bornes de location, applications dédiées, développement de la géolocalisation, déverrouillage d'une voiture en autopartage... Tous ces nouveaux outils facilitent l'information et l'accès des usagers à ces nouveaux modes de déplacements ! 

Une coordination nécessaire

La création du Smmag au 1er janvier 2020 a permis de mettre les nouveaux services de mobilité au premier plan de la politique menée à l’échelle de ce grand territoire. La montée en puissance des services de vélo et de mobilités partagées constituent un levier crucial pour atteindre les objectifs que s’est fixé le PDU :

  • développement du vélo dans le cœur dense et le périurbain de la Métropole, grâce notamment à l'essor du Vélo à assistance électrique,
  • covoiturage pour les déplacements d’échanges entre le périurbain et le cœur métropolitain. 

La multiplication de ces services, qui n’ont pas tous besoin de l’aval des pouvoirs publics, pose déjà ou va poser d’importants dysfonctionnements (aire de covoiturage « sauvage » qui déborde sur une route de campagne, encombrement des trottoirs par des vélos ou trottinettes, mise en autopartage de véhicules inadaptés…). Repenser l'espace public, en intégrant la diversité des modes de déplacements, est l'une des conditions pour inciter les usagers à utiliser les services et assurer une bonne cohabitation entre eux. 

Anticiper donc... organiser, mais aussi sensibiliser, repenser l'espace public, promouvoir et clarifier l'offre, qui de par sa diversité mérite d'être plus lisible et visible pour les usagers.

Coordonner l'offre entre les territoires, faciliter l'accès aux services et les rendre davantage lisibles font partie des enjeux des acteurs de la mobilité à l'échelle de l'aire grenobloise.

LA CRISE : QUELS IMPACTS ?

La crise sanitaire, avec son cortège de conséquences et de mutations (gestes barrières, télétravail, boom du vélo…) a fait évoluer les comportements de mobilité à court terme.

Les transports en commun ont connu une forte baisse de leur fréquentation. Des aménagements temporaires (notamment des voies cyclables) ont été réalisés, favorisant l'essor de la pratique et participant au changement d'image du vélo en ville.

Concernant les services de mobilité partagés, le premier confinement a évidemment eu un effet quasi dévastateur en mettant à l’arrêt l’ensemble de ces nouveaux services alors même que leur modèle économique était encore précaire. Aujourd’hui, ces services redémarrent à des rythmes différents... et certains chiffres notamment pour l'autopartage sont encourageants. 

Si la crise ne remet pas fondamentalement en cause les enjeux et stratégies identifiées dans les documents cadre (SCoT de la Greg, Plan de déplacements urbains de l’agglomération grenobloise, PLUi…), elle semble conforter certaines priorités d’action, comme la réduction des besoins de déplacement, le report vers les modes sobres en énergie, le soutien aux ménages en difficulté, l’accélération de certains changements de pratiques…
Ce contexte incite l’Agence à renforcer ses capacités de veille et d’analyse, à mieux intégrer les dimensions « cadre de vie, bien être & santé » dans les études de mobilité pour mieux soutenir le Smmag et les territoires dans les phases amont de définition des projets d’espaces publics, d’infrastructures et de services de mobilité.