Les usages de la pleine terre pour un « sol vivant » métropolitain
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Loin de se réduire à un aspect réglementaire, la question de la pleine terre recèle plusieurs enjeux à la croisée des préoccupations environnementales, paysagères, urbanistiques et sociales. En 2026, le Conseil de développement (C2D) de Grenoble Alpes Métropole porte une réflexion prospective visant à ouvrir le champ des possibles sur les usages de la pleine terre dans les projets de construction et d’aménagement. L’Agence est mobilisée auprès de la Métropole pour nourrir la démarche. Au programme : séminaire, marches sensibles, voyage d’étude…
Les usages de la pleine terre pour un « sol vivant » métropolitain
Le regard des habitants pour explorer les usages de la pleine terre
Avec le C2D, laboratoire de prospective citoyenne, ce ne sont plus les urbanistes mais les habitants - premiers usagers de la pleine terre - qui se questionnent et apportent un regard décalé sur la manière dont il est possible de faire d'une contrainte réglementaire, une opportunité de mieux vivre ensemble dans le territoire en termes de biodiversité, d'adaptation, de lien social, etc.
« Leur lecture prospective fine permettra de mieux comprendre ces espaces et leurs enjeux, ainsi que d’être force de proposition pour innover dans les manières de faire la ville de demain. Ces travaux seront ensuite présentés, dans un format sensible, aux élus et services métropolitains et diffusés vers le grand public et les acteurs de la fabrique de la ville. » Marie-Lyne Mangilli Doucé, chargée de mission du C2D.
Une acculturation préalable
Au séminaire de lancement, l’Agence a apporté une mise en contexte de la prise en compte de la pleine terre dans le PLUi de Grenoble Alpes Métropole. Souvent perçue comme un pourcentage à atteindre, la pleine terre peut aussi contribuer à la qualité de l’opération, par l’apport de végétation, de biodiversité, ou être support de services (jeux, jardinage…). À l’aide de photos historiques ou actuelles des polarités métropolitaines, les membres du C2D se sont ensuite questionnés sur les pleines terres existantes, leurs localisations et comment les habitants les utilisent. L’Agence a également fournit une revue de presse locale répertoriant une diversité de lieux et de pratiques, véritables signaux faibles illustrant la mobilisation des habitants, des associations ou encore des entreprises.
Nourrir les imaginaires avec des marches sensibles
Un cycle de marches sensibles a été dédié à l’exploration des typologies du territoire métropolitain.
« La marche sensible a pour vocation de nous familiariser avec plusieurs types de pleines terres, plusieurs fonctions et plusieurs usages : les bandes de pelouse aux abords de bâtiment neuf, un jeune et un vieux parc et même un cimetière ! […] On marche lentement. On s'arrête. On regarde, on sent, on écoute et on note, sur papier, dans sa tête ou avec un appareil photo […] […] Une bande de pelouse en bordure de bâtiment neuf, ça n'a l'air de rien. Mais qu'est-ce qu'elle dit de l'usage qu'on imagine pour elle ? De ce qu'on a voulu (ou pas voulu) y faire pousser ? » Bouchra Benteta, membre du C2D.
Un pas de côté avec un voyage d’étude
Le déplacement du C2D à Lausanne en juin dernier visait à découvrir, à travers un exemple suisse et le quartier des Plaines-du-Loup, d’autres manières de traiter et de s’approprier la question des usages de la pleine terre, mais également la notion de commun dans les projets urbains.
« Lausanne réfléchit sur cette question des usages de la pleine terre et de ses qualités depuis longtemps et a des enjeux climatiques similaires à la région grenobloise. Visiter ces opérations et rencontrer les techniciens et élus qui portent ces projets permet une vraie prise de recul. » Sylvie Laroche, chargée d’études et architecte à l’Agence.
Les participants du C2D, de Grenoble Alpes Métropole, de la Ville de Grenoble et de l’Agence ont pu échanger avec des techniciens de la Ville de Lausanne ainsi qu’avec des bureaux d’études spécialistes du sol. Cette rencontre a permis d’identifier différentes techniques pour favoriser un réseau de pleine terre à l’échelle du quartier, qui accueille 2 000 logements, intégrer la gestion des eaux pluviales dans les espaces communs et proposer des usages diversifiés dans les espaces publics (parc, cœur d’îlot, venelle). Ces échanges ont également mis en évidence la nécessité de questionner les manières de concevoir le projet urbain, en embarquant à la fois les élus et les habitants. Cette dimension pédagogique a notamment été précisée à travers la présentation du Hub des Possibles.
Qu’entend-t-on par pleine terre ?
Le terme pleine terre recouvre l’ensemble des espaces en ville qui sont, non imperméabilisés, et caractérisés par un sol vivant. Bien qu’anthropisés, ils accueillent la végétation et la biodiversité et jouent un rôle écologique essentiel en milieu urbain.






