Vulnérabilité du système de mobilité face aux risques globaux et aux effets du changement climatique
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Quels risques globaux sont susceptibles d’impacter le système local de mobilité ? Quelles sont ses vulnérabilités ? En vue d’intégrer les enjeux d’adaptation et de résilience du système local de mobilité dans le Plan de mobilités (PDM) en cours d’élaboration, le SMMAG a mobilisé l’Agence pour un travail exploratoire à l’échelle des trois EPCI concernés.
Vulnérabilité du système de mobilité face aux risques globaux et aux effets du changement climatique
Le système de mobilité, une notion complexe
Au cœur des enjeux pour le SMMAG, le système de mobilité regroupe l'ensemble des éléments nécessaires à la réalisation des déplacements :
- Les infrastructures : voies, ouvrages d'art et équipements techniques associés ;
- Le matériel roulant et les véhicules : trains, tramways, vélos, véhicules individuels, etc. ;
- Les réseaux et systèmes numériques nécessaires au fonctionnement du système (signalétique, billettique, information voyageurs, etc.) ;
- Les personnels et fonctions supports indispensables à l'exploitation du système (conducteurs, agents commerciaux, équipes de maintenance, etc.) ;
- Les usagers eux-mêmes.
Les différents éléments qui le composent ne sont pas exposés aux mêmes risques.
Une méthode mixte, entre revue de la littérature et entretiens avec des acteurs de la mobilité
Le SMMAG a sollicité l’Agence en 2025 pour mettre en place une démarche exploratoire poursuivant trois objectifs :
- Comprendre et sensibiliser sur les vulnérabilités du système de mobilité de l’aire grenobloise face aux risques globaux et aux effets du changement climatique.
- Identifier les actions existantes ou à envisager pour renforcer l’adaptation et la résilience du système de mobilité.
- Enrichir le plan d’actions du PDM pour favoriser l’adaptation et la continuité des services de mobilité.
La méthode proposée par l’Agence reposait sur un important travail de cadrage et de capitalisation des connaissances existantes :
- Une revue de littérature a permis d’identifier les principaux rapports officiels, plans d’adaptation et stratégies portées par de grands acteurs de la mobilité tels que la SNCF ou la RATP.
- Des entretiens avec plusieurs Autorités organisatrices de la mobilité (AOM) ainsi qu'avec les acteurs locaux du système de mobilité ont complété ce travail.
- Le système local de mobilité a ensuite été passé au crible du Rapport sur les risques et la résilience (RaRRe) afin d’identifier les risques pouvant l’impacter.
- En parallèle, la Mission Risques de Grenoble Alpes Métropole réalise une analyse SIG visant à évaluer l'exposition des infrastructures et des services de mobilité aux aléas gravitaires, hydrauliques, aux feux de forêt ainsi qu'aux risques industriels (travail en cours).
Un sujet émergent, mis en lumière par des évènements récents
La résilience des systèmes de mobilité face au changement climatique demeure un sujet relativement émergent, malgré des enjeux majeurs liés à la longue durée de vie des infrastructures. Cette thématique gagne en importance, comme en témoigne sa prise en compte dans le troisième Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC). Les entretiens montrent que les organisations s'emparent souvent de ces enjeux à la suite d'un événement marquant ayant affecté leur activité. Localement, plus de 25 évènements ont impacté de façon significative le système de mobilité de l’aire grenobloise sur la période 2020-2026.
ex. aléas naturels et climatiques : glissement de terrain ayant entraîné la fermeture de la voie ferrée Grenoble-Valence pendant un mois et demi en 2026, fermetures de la « voie de Corato » à Grenoble en raison des crues de l’Isère en 2023-2024 ; pandémie (COVID 19) ; conflits géopolitiques et leurs conséquences sur le coût des énergies ; mouvements sociaux et blocages, etc.
Une diversité de risques à prendre en compte localement
Parmi les vulnérabilités locales qui ressortent de l’analyse, on peut notamment souligner celle des infrastructures de mobilité, fragilisées par la « dette grise » (accumulation de retards d'entretien lié au contexte budgétaire difficile) et confrontées à des aléas naturels souvent aggravés par les effets du changement climatique.
Les canicules constituent également un problème croissant avec des effets multiples : pénibilité et inconfort des déplacements (marche, vélo, condition d’attente et à l'intérieur des transports collectifs, etc.) ; dégradation des conditions de travail des chauffeurs et agents en charge de la maintenance des transports collectifs et des infrastructures ; fragilisation des infrastructures et matériels roulants et modifications de la demande de déplacements (ex : pics de fréquentation vers les zones de fraîcheur).
Ces vulnérabilités s’inscrivent dans un contexte de contraintes budgétaires croissantes qui affectent les gestionnaires d’infrastructures, les AOM et les usagers. Ces acteurs sont confrontés à un véritable « effet ciseau », marqué par une hausse continue des dépenses (énergie, travaux, matériel roulant, véhicules, etc.) tandis que les recettes stagnent, voire diminuent.
Les risques auxquels doit faire face le système de mobilité sont donc nombreux et de nature très diverse.
L’Agence a schématisé ces risques et leurs interactions.
2 types de vulnérabilités pour le système de mobilité
- vulnérabilité matérielle : des infrastructures et équipements nécessaires aux mobilités sont hors services.
- vulnérabilité fonctionnelle : l’indisponibilité des infrastructures crée des perturbations plus ou moins durables et étendues sur le fonctionnement du système de transports : ligne TC suspendue ou déviée ; circulation interrompue sur un axe stratégique …
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