Santé mentale des jeunes : une enquête pour éclairer les besoins dans le Pays Voironnais
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En 2025, le Centre intercommunal d’action sociale (CIAS) du Pays Voironnais a engagé un travail spécifique sur la santé mentale des jeunes, dans le cadre d’un zoom thématique de l’analyse des besoins sociaux. Cette démarche, conduite avec l’appui de l’Agence, vise à objectiver les réalités vécues par les 15-24 ans du territoire et éclairer les actions publiques à venir.
Santé mentale des jeunes : une enquête pour éclairer les besoins dans le Pays Voironnais
Une thématique au cœur d’enjeux nationaux et locaux
La santé mentale des jeunes est aujourd’hui un enjeu majeur, tant à l’échelle nationale, avec son inscription comme Grande cause nationale en 2025 et 2026, que locale.
Dans le Pays Voironnais, elle constitue un axe important du contrat local de santé renouvelé en 2024. L’intérêt porté à la santé mentale des jeunes fait aussi écho aux constats des professionnels du territoire, qui observent une hausse des situations de mal-être chez les jeunes. Cette réflexion s’articule par ailleurs avec les questionnements engagés par le CIAS sur l’évolution du dispositif d’écoute « Parol’écoute jeunes », afin d’adapter au mieux l’offre d’accompagnement aux besoins actuels.
Une enquête par questionnaire pour recueillir la parole des jeunes
Pour mieux documenter ces enjeux, le CIAS et l’Agence ont conçu une enquête par questionnaire à destination des jeunes de 15 à 24 ans. Diffusée entre novembre 2025 et février 2026 via les structures jeunesse du territoire, elle avait un double objectif :
- recueillir les perceptions des jeunes sur leur santé mentale ;
- identifier leurs besoins et les éventuels freins dans le recours à l’accompagnement.
Le questionnaire, composé d’une cinquantaine de questions, s’appuie sur plusieurs enquêtes de référence (Mentalo, EnCLASS, Baromètre Santé publique France, observatoire IAMSTRONG), permettant à la fois de sécuriser les indicateurs et de situer les résultats locaux dans des tendances plus larges. Les thématiques abordées couvrent un large spectre : état de santé perçu, sentiment de solitude, soutien de l’entourage, pratiques sportives et culturelles, recours aux soins ou encore difficultés à consulter.
Une démarche exploratoire assumée, mais des résultats qui confirment des tendances nationales
Au total, une centaine de jeunes ont répondu à l’enquête. Si ce volume ne permet pas une analyse statistiquement représentative, la démarche s’inscrit volontairement dans une logique de « coup de sonde », utile pour faire émerger des tendances et nourrir la réflexion locale.
Malgré le nombre limité de réponses, les résultats observés convergent avec ceux d’autres études nationales :
- environ deux tiers des jeunes déclarent être en bonne santé mentale ;
- un tiers présente des signes de fragilité.
Les analyses mettent également en évidence des différences de genre : les jeunes filles apparaissent plus concernées par les situations de mal-être. À l’inverse, les résultats suggèrent une possible sous-déclaration chez les garçons, liée à une moindre expression des difficultés.
L'enquête a identifié un certain nombre de facteurs de vulnérabilité :
- Le sentiment de solitude, parfois ressenti malgré la présence d’un entourage, est fortement associé à une moins bonne santé mentale.
- La pratique sportive, moins fréquente chez les filles, apparaît comme un facteur protecteur important.
- La banalisation du mal-être (« ce n’est pas grave ») constitue un frein majeur au recours à l’aide.
Par ailleurs, chez les jeunes se déclarant en moins bonne santé mentale, certains obstacles pour se faire accompagner sont plus fréquemment cités :
- la peur du regard des autres ;
- la difficulté à parler aux parents ;
- la complexité perçue pour prendre rendez-vous avec un professionnel.
Des enseignements pour nourrir la réflexion locale
Ces premiers enseignements contribuent notamment aux travaux engagés par le CIAS sur l’évolution du dispositif « Parol’écoute jeunes ». Partagés dans le cadre d’un groupe de travail réunissant les acteurs du territoire, ils alimentent plus largement les réflexions locales sur les réponses à apporter aux besoins des jeunes en matière de santé mentale.
Fiche d'identité de l'enquête
- 50 questions
- Passation entre novembre 2025 et février 2026
- 100 jeunes répondants de 15 à 24 ans
Aller + loin
THÉMA Éclairer et comprendre les modes de vie. L'Agence enquête. 2026
MÉTHODO Analyse des besoins sociaux. Un outil pour aiguiller les politiques sociales locales. 2023
