Projections démographiques : une approche nouvelle
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La France a basculé dans un solde naturel négatif sous l’effet de la baisse de la fécondité et de la hausse des décès liée au vieillissement des baby-boomers. Parallèlement, les migrations sont plus instables, sensibles aux tensions sur l’accès au logement et aux recompositions des choix résidentiels. Dans ce contexte, l’Agence travaille à consolider ses projections démographiques locales.
Projections démographiques : une approche nouvelle
Pourquoi projeter ?
Les tendances ne sont plus linéaires : gains d’espérance de vie fluctuants, reprise de la mortalité infantile à surveiller, baisse historique de la natalité. Les projections démographiques deviennent plus volatiles mais aussi plus nécessaires que jamais afin de penser l’aménagement des territoires pour les populations déjà présentes, qui feront l’essentiel de la population future, et de préparer les collectivités à des trajectoires de stagnation, voire de décroissance.
Ouvrir ou fermer un collège, programmer crèches et services de santé, ajuster l’offre de logements (typologies, tailles), dimensionner les mobilités... Les pouvoirs publics calibrent leurs services et équipements aux besoins des habitants. Dans cet objectif, l’Agence a développé une approche méthodologique innovante.
Deux approches de projection complémentaires
Les projections issues du modèle Omphale de l’Insee montrent leurs limites à des échelles fines (hypothèse de fécondité et mortalité alignées sur des tendances nationales, maintien des quotients migratoires observés en année 0 tout au long de la projection, pas de prise en compte des dynamiques habitat-peuplement…). En réponse, l’Agence a développé une approche qui fait varier les curseurs démographiques et prend en compte les spécificités locales en matière d’habitat :
- Une première projection s’appuie sur le modèle Omphale, qui projette les effectifs d’habitants par composantes démographiques (naissances, décès, migrations) et fournit des trajectoires démographiques pour des territoires de minimum 50 000 habitants.
- La seconde est construite à partir du lien « habitat – peuplement ». L’évolution des effectifs d’habitants est modélisée par la dynamique immobilière : évolution du nombre de logements (production neuve et renouvellement urbain), du taux d’occupation du parc (pour intégrer les conséquences de la vacance des logements et des résidences secondaires) et de la taille moyenne des ménages.
Plusieurs hypothèses de projection sont ainsi formulées : le scénario 1 s’appuie sur le prolongement des tendances récentes habitat-peuplement ; le scénario 2 sur le ralentissement progressif de la production de logements ; le scénario 3 illustre les projections du scénario central OMPHALE.
Cette double lecture permet de mettre en perspective l’ensemble des facteurs qui contribuent à l’évolution démographique d’un territoire donné. Cela permet moins de prédire les effectifs de population de demain que d’affiner des trajectoires d’évolution issues des hypothèses nationales, en cohérence avec les dynamiques localement observées.
Des trajectoires d’évolution affinées à l’échelle locale
Pour le Département de l'Isère, qui intervient tout au long du parcours de vie (protection de l’enfance, collèges, familles, insertion, handicap, grand âge), anticiper est indispensable pour éviter les sous- et surdimensionnements. L'Agence a utilisé cette approche méthodologique pour alimenter la publication « Avenirs démographiques Isérois » produite par le pôle Observation du Département de l’Isère.
Pour certains territoires, les courbes issues des deux modèles de prolongement des tendances se superposent : c’est, par exemple, le cas pour un ensemble de communes situées au sud de la Métropole grenobloise (illustration « Tag sud grenoblois »).
Pour d’autres territoires, les courbes diffèrent significativement, indiquant que le solde migratoire local retenu par le modèle Omphale ou que les rythmes d’évolution des logements retenus sont trop conjoncturels pour constituer une hypothèse d’évolution dans le temps. Autre exemple, l’ensemble de communes situées à l’ouest de Grenoble (illustration « Fontaine-Seyssinet »), affiche un scénario 3 avec une trajectoire d’évolution démographique très élevée comparée aux tendances locales. D'un côté, le scénario Omphale repose sur un solde migratoire positif tout au long de la période de projection, ce qui conduit à une croissance démographique plus soutenue. De l'autre, les scénarios 1 et 2 prolongent la baisse de la taille moyenne des ménages et de la part des résidences principales, ce qui limite la croissance démographique, voire conduit à une baisse de population.

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