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Vieillissement de la population : quels enjeux pour la mobilité ?

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Le vieillissement de la population nécessite-t-il une adaptation spécifique de la politique de mobilité aux besoins des séniors ? C'est l’une des questions explorées par le SMMAG, avec l’appui de l’Agence, dans le cadre de l'élaboration de son Plan de mobilité. Après un diagnostic des pratiques et des difficultés liées à l'avancée en âge, l'Agence est allée à la rencontre de seniors et de professionnels à Rives et à Échirolles. Deux contextes très différents qui permettent de préciser les besoins, mais aussi les réponses à apporter.

Vieillissement de la population : quels enjeux pour la mobilité ?

Une population plus âgée, avec des besoins de mobilité qui évoluent

Le vieillissement est déjà engagé et va s'amplifier : les 65 ans et plus représenteraient 24 % de la population en 2040, contre 19 % aujourd'hui, tandis que les plus de 75 ans progresseraient fortement. En parallèle, le nombre d'aidants potentiels devrait diminuer.

Les seniors se déplacent aujourd'hui majoritairement en voiture et à pied. Leur mobilité diminue progressivement avec l'âge, plus fortement autour de 80 ans : difficultés à marcher, à rejoindre un arrêt ou à utiliser les transports collectifs. D'autres freins peuvent s'y ajouter : appréhension de la chute, difficulté à changer des habitudes anciennes, réticence à demander de l'aide ou maîtrise du numérique. 13 % des 75 ans et plus ne se sont pas déplacés au cours d'une semaine, avec des conséquences directes sur l'accès aux soins, aux commerces, aux activités et aux relations sociales.

À Rives et Échirolles, des fragilités communes mais des réalités très différentes

Pour confronter le diagnostic aux situations vécues, quatre groupes d'échange ont été organisés avec des seniors et des professionnels, à Rives et à Échirolles, deux territoires très distincts en termes de densité de population et d’offre de service. Ils mettent notamment en évidence un même enjeu d'accès aux soins et aux activités, et montrent que les difficultés liées à l'âge prennent une importance très différente selon l'endroit où l'on habite.

À Rives, la voiture reste la clé de l'autonomie. Son abandon est d'autant plus difficile à envisager que les alternatives sont moins nombreuses et moins coordonnées, et que les transports collectifs peuvent devenir eux-mêmes une source de stress. Les difficultés de marche, l'accès aux soins en transports collectifs et le manque de lisibilité des offres disponibles renforcent cette dépendance. Des solutions locales existent et sont appréciées, mais leurs capacités restent limitées et les réponses difficilement identifiables pour certaines situations de mobilité temporairement entravée.

« J’ai 85 ans, pour le moment je me déplace avec ma voiture encore, j’ai de la chance, mais… qu’est-ce que me réserve l’avenir ? »

À Échirolles, tram et bus offrent davantage d'alternatives et sont appréciés sur les secteurs bien desservis. Mais le maillage du réseau ne règle pas tout : certains quartiers restent moins bien desservis, l'offre se réduit à certaines périodes ou horaires, et rejoindre sa destination à pied peut devenir difficile. La qualité des cheminements compte alors pleinement dans le déplacement, avec des obstacles, des distances, des pentes ou l'absence de possibilités de pause qui peuvent limiter les déplacements autonomes.

Dans les deux territoires, les échanges montrent surtout que la perte de mobilité est rarement linéaire. Une chute, un problème de santé, l'arrêt de la conduite ou la disparition d'un proche aidant peuvent rapidement rompre un équilibre jusque-là préservé. Les personnes âgées adaptent leurs horaires, leurs itinéraires ou combinent plusieurs modes pour continuer à se déplacer, mais le recours à une aide ou le changement d'habitudes restent parfois difficiles à accepter ou à mettre en place.

« Ça fait des années qu'on demande plus de fréquence [sur la ligne 68]. Il y a l'Intermarché, mais il y a aussi d'autres commerces, il y a des médecins, et maintenant un centre médical… En plus les trottoirs sont en très mauvais état. »

Préserver la mobilité, un enjeu qui dépasse la seule offre de transport

Trois enjeux principaux ressortent de la démarche :

  • Prolonger l’autonomie en adaptant les services aux difficultés qui apparaissent avec l’âge
  • Anticiper les moments de bascule en accompagnant l’évolution des pratiques de mobilité
  • Mieux articuler, soutenir et rendre visibles les solutions locales, en particulier dans les territoires moins denses
Les enseignements de l’étude invitent ainsi à regarder au-delà de la seule offre de transport et à penser ensemble localisation de l’habitat et des services, aménagement des espaces publics, accompagnement social et politiques de mobilité.