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Les missions locales et l’« aller vers » : une évaluation du Contrat de ville menée en 2025

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Chaque année, Grenoble Alpes Métropole analyse les actions qu’elle finance dans le cadre du Contrat de ville par un travail d’évaluation thématique. Partenaire historique de la Métropole dans l’évaluation continue du Contrat de ville, l’Agence a été missionnée en 2025 pour conduire ce travail sur les démarches d’« aller vers » mises en œuvre par les missions locales.

Les missions locales et l’« aller vers » : une évaluation du Contrat de ville menée en 2025

L’évaluation est complémentaire de l'observation. Elle ne produit pas de la connaissance pour elle-même, mais pour répondre à des questions liées à la mise en œuvre de politiques, de dispositifs ou de projets, dans la perspective de leur amélioration continue. Cet article est le premier d’une série qui présente la manière dont l’Agence, historiquement impliquée sur ces questions d’évaluation, accompagne les collectivités dans l’élaboration ou l’ajustement de l’action publique.

Les démarches d’« aller-vers » : aller à la rencontre des jeunes

Les actions d’« aller‑vers » portées par les missions locales visent à aller à la rencontre des publics les plus éloignés des institutions, pour leur faire connaître les dispositifs de droit commun et les accompagner vers une insertion sociale et professionnelle. Sur le territoire métropolitain, quatre missions locales interviennent dans les QPV (Quartiers Prioritaires de la Ville) : les missions locales Sud Isère, Isère Drac Vercors, Grenoble et Saint‑Martin‑d’Hères.

En 2025, l’évaluation visait à apprécier dans quelle mesure les démarches d’« aller‑vers » permettent effectivement de toucher des jeunes éloignés des institutions, de soutenir leur remobilisation et de comprendre comment ces actions s’organisent concrètement sur les territoires, au regard des moyens mobilisés.

Une approche qualitative, au plus près des pratiques de terrain

Menée au premier semestre 2025, l’évaluation a été réalisée par l’Agence en appui du service Évaluation de la Métropole. Elle combinait l’analyse des bilans d’actions des quatre missions locales et douze entretiens en face à face avec des professionnels impliqués dans les démarches d’« aller‑vers ». Cette approche qualitative a permis de recueillir des regards croisés sur les pratiques existantes, leurs conditions de déploiement, les partenariats mobilisés et les enjeux rencontrés au quotidien par les acteurs de terrain.

Des pratiques ancrées aux formes multiples

L’évaluation montre que l’« aller-vers » est une démarche historique et structurante pour les missions locales : les professionnels interrogés soulignent unanimement son utilité pour répondre aux besoins des jeunes et favoriser leur accès aux droits.

Sur le territoire métropolitain, l’« aller-vers » prend des formes variées : permanences hors-les-murs, maraudes, actions ponctuelles ou participation à des événements de quartier. Ces pratiques, adaptées aux contextes locaux, reposent largement sur des partenariats de proximité, notamment avec les acteurs de la prévention spécialisée, et sur l’engagement de conseillers identifiés au sein des missions locales.

Malgré des organisations différentes, des objectifs communs se dégagent : aller au‑devant de jeunes peu enclins à solliciter la mission locale, créer du lien, faire connaître l’offre de services et faciliter l’entrée dans un parcours d’accompagnement.

Mettre en lumière les apports et limites de l’« allervers »


Les démarches d’« aller‑vers » produisent des effets concrets, en particulier en matière de création de lien et de confiance avec des jeunes éloignés des institutions. La présence régulière dans les quartiers et la capacité d’adaptation des professionnels constituent des leviers essentiels pour engager les jeunes dans un accompagnement.

L’évaluation a également permis d’objectiver plusieurs difficultés rencontrées par les acteurs : atteindre certains publics très éloignés, faire face à la complexité des situations, composer avec des contraintes organisationnelles ou financières. Les effets recherchés – remobilisation, confiance, raccrochage – s’inscrivent souvent dans un temps long et restent difficiles à mesurer.

Les enseignements issus de ce travail, discutés collectivement lors de la restitution, ont permis de dégager des pistes d’amélioration partagées.

L’ensemble des résultats et recommandations est détaillé dans la synthèse de l’évaluation, disponible sur le site de l'Agence.

Et en 2026 ?

L’accompagnement de l’Agence se poursuit en 2026 avec une nouvelle évaluation portant sur les actions financées au titre de la thématique « Prévention de la délinquance et tranquillité publique » dans le cadre du Contrat de ville métropolitain.

Le Contrat de ville

Le Contrat de ville est le cadre de mise en œuvre de la politique de la ville à l’échelle métropolitaine. Il vise à réduire les inégalités sociales et territoriales en soutenant des actions menées dans les quartiers les plus défavorisés, dits Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

Aller + loin

[Article] Contrat de ville : une observation sociale et urbaine qui se renouvelle. Mars 2024.

Téléchargez le THÉMA présentant les méthodes d'enquête à l'Agence