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Club local des centralités : l’habitat à l’honneur

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La deuxième séance du Club local des centralités de l’Isère était consacrée aux enjeux liés à l’habitat. 35 participants de communes iséroises se sont réunis le 10 décembre dernier à Saint-Marcellin.

Club local des centralités : l’habitat à l’honneur

Ce club, animé par l’Agence à la demande du Conseil Départemental et de la DDT Isère, a été créé en 2021 à destination des chefs de projet des communes engagées dans des démarches de revitalisation de leurs centres-villes, en particulier les communes faisant partie des dispositifs Petites Villes de Demain et Action Cœur de Ville.

Après une première réunion de lancement en octobre, l’Agence a réuni 35 participants pour cette séance qui a enfin pu se tenir « en présentiel ». La rencontre a réuni 35 participants dont 11 des 14 chefs de projet isérois du dispositif Petites Villes de Demain. Espace d’échanges d’expériences et de mise en réseau, cette deuxième réunion était consacrée aux questions autour des outils de réhabilitation de l’habitat en centre-ville :

  • Quels dispositifs mobilisables pour résorber l’habitat insalubre et la vacance de logements (OPAH-RU, RHI, THIRORI, …) ? Quelles modalités de mise en place de ces outils sur mon territoire ?
  • Quelle stratégie résidentielle et quelle offre proposer pour faire revenir des habitants dans les centres, au sein de territoires où les projets de maisons individuelles en périphérie constituent une « concurrence » très importante sur le marché ?
  • Comment mener une stratégie d’ensemble globale, afin de ne pas traiter de l’habitat seul, sans aborder les questions liées au stationnement, aux espaces publics, aux commerces et équipements… ?

Après une présentation des outils par Laetitia Idray de l’Anah, les participants ont été répartis en deux groupes afin d’aborder sur trois sites des illustrations concrètes d’outils et de procédures mis en place par la commune de Saint-Marcellin. Ces groupes étaient menés par les urbanistes de l’Agence et de la commune de Saint-Marcellin, et accompagnés par des membres de la DDT, du Conseil départemental, de SMVIC, du CAUE de l’Isère, de la Banque des Territoires, des bailleurs (SDH, Alpes Isère Habitat), mais aussi les bureaux d’études Urbanis et Soliha.

Les premiers retours des participants sont très positifs quant à la qualité et la richesse des échanges, aux témoignages précis sur les démarches mises en place à Saint-Marcellin et à la présentation des outils et dispositifs mobilisables (OPAH-RU, RHI, THIRORI…).

Une visite de trois sites

  • Ilot 42-44 Grande rue et 50 Grande rue : deux bâtiments vacants et dégradés, très imbriqués structurellement, avec un gros enjeu de rénovation thermique. Avec l’objectif de créer 11 logements via une opération de Résorption de l’Habitat Insalubre (RHI), en préservant des éléments patrimoniaux datant des XVe, XVIe et XVIIe s. (portes, baies, plancher…). Au 50, l’accompagnement des propriétaires privés a été possible dans le cadre de l’OPAH. L’intervention publique sur des bâtiments très dégradés doit permettre un effet d’entraînement. Selon Julie Huret, d’Urbanis : « Il est essentiel d’intervenir dès le début sur du très dégradé, afin que les propriétaires environnants aient envie de réagir à leur tour, de créer un effet d’entraînement ».
  • Ilot Gambetta : ilot d’immeubles dégradés, sur lesquels la ville veut intervenir dans le cadre d’un projet d’ensemble, avec une problématique d’isolation phonique des logements donnant sur un axe très fréquenté. Projet de déplacement de la Poste et de création de logements sociaux en étage, tout en valorisant les éléments patrimoniaux (les anciens remparts de la ville font partie du bâti), en coordination avec l’Architecte des Bâtiments de France.
  • Ilot gare : restructuration du quartier gare, avec une première étape sur un ilot très stratégique situé en face de la gare, en direction du centre-ville. Une stratégie d’acquisition foncière portée par la ville et l’EPFL.

Les thèmes abordés

  • Le vieillissement de la population, avec des centres anciens généralement sous-dotés en petits logements accessibles avec un certain niveau de confort (douche à l’italienne…). Cette demande existe dans les centres-villes, de la part d’une population vieillissante qui souhaite se rapprocher des aménités, de la proximité des commerces et services. Y répondre permettrait en outre de libérer des grands appartements aujourd’hui sous-occupés.
  • Le logement des jeunes : les typologies de centre ancien peuvent répondre au besoin de nouveaux modes d’habiter, avec un stationnement un peu éloigné mais la proximité des aménités (équipements, gare, bars, restaurants, vivier associatif…).
  • Les familles avec enfants : le besoin d’un extérieur s’exprime de plus en plus fortement, notamment depuis le confinement. Des refus sont constatés même dans le logement social pour des appartements sans balcon ni loggia ou terrasse. La création de jardins partagés, des restructurations / dédensifications d’ilots peuvent contribuer à apporter des réponses. De nombreux exemples existent, même en secteur protégé, type Site Patrimonial Remarquable.
  • La nature en ville, avec l’exemple de la désimperméabilisation du Champ de Mars, le lien avec la place d’Armes, la promenade de Joux. L’enjeu est d’offrir des espaces végétalisés de qualité à proximité immédiate du centre.