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Interview

Schéma directeur des espaces économiques métropolitains | Pierre-Yves Bénigna, Grenoble-Alpes Métropole

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Approuvé en septembre 2018, le SDEE est le fruit de deux ans de collaboration entre l'Agence et la Direction du développement économique de Grenoble-Alpes Métropole.

Interview de PIERRE-YVES BÉNIGNA, GRENOBLE-ALPES MÉTROPOLE

L’élaboration du Schéma directeur des espaces économiques métropolitains (SDEE) a mis en lumière les enjeux et problématiques sur le territoire de la métropole. Lesquels ?

La jeune métropole a hérité, en 2015 de l’aménagement et de la gestion des zones d’activités des communes. Elle n’avait pas une connaissance fine de ce qu’elles proposaient, de leur état, des activités présentes. Un premier travail d’état des lieux a été indispensable pour connaître ce patrimoine. Il a été réalisé notamment grâce à l’Agence. Cette vision à l’échelle métropolitaine a mis en lumière plusieurs constats. D’une part, une forte érosion du foncier économique : en agrégeant les déclassements communaux, on a constaté un déclassement de 10 % de la surface de foncier économique sur la période 2008-2018. Cela représente 280 hectares, qui n’ont pas été compensés dans le même temps par la constitution de réserves importantes pour cet usage. Le second constat est l’absence d’équilibre en matière de potentiel d’accueil des entreprises sur le territoire. La branche nord-est par exemple n’a aucune offre de foncier économique disponible pour les entreprises productives. Le troisième constat porte sur la qualité des zones d’activités, qui présentent pour la moitié d’entre elles, un état dégradé de leurs espaces d’accueil. Un autre constat concerne le positionnement de l’offre tertiaire : à cet égard, Grenoble demeure une petite métropole par rapport à celles qui ont une envergure régionale ou nationale. Enfin, c’est la seconde métropole la plus industrielle de France en termes d’emplois. C’est un point fort, même si ce sont des activités qui ont souffert de la crise.

Quelles sont de ce fait, les mesures-phares que les élus ont souhaité apporter en réponse ?

Cette prise de conscience s’est traduite dans une vision stratégique à 10 ans, pour doter la métropole des conditions d’un développement équilibré. Elle a permis de dégager des priorités autour de 10 espaces stratégiques.
L’objectif est d’offrir sur le foncier productif des capacités d’accueil renouvelées : 70 ha de foncier productif en projet ont été inscrits au PLUi, essentiellement pour renouveler des friches industrielles existantes. Le projet emblématique est la zone de Champagnier où une ancienne plate-forme chimique a été rachetée par la collectivité pour être réaménagée. L’objectif en matière de tertiaire est de polariser le développement autour des principaux sites existants pour leur donner une masse critique suffisante et une visibilité à l’échelle régionale.
Enfin, l’engagement d’un programme de requalification des zones d’activités, assorti notamment d’un plan d’aménagement numérique, représentera un investissement de 6,7 millions d’euros en 2019-2020.

Comment l’Agence a-t-elle été présente aux côtés de la Métropole au cours des deux ans et demi d’élaboration du schéma ?

L’Agence a été fortement présente dans l’élaboration parallèle du SDEE et du PLUi. Elle a accompagné la Métropole dans la réalisation de l’état des lieux en organisant les temps d’échanges itératifs avec les communes et pour la prise en compte de ces enjeux. Finalement, si nous avons réussi à interpréter le Schéma directeur dans la règle d’urbanisme, c’est grâce au dialogue avec l’Agence. Ce que je retiens, c’est vraiment la faculté de nos collègues de l’Agence à répondre avec pragmatisme et souplesse aux demandes de la Métropole, parfois dans l’urgence, mais toujours avec bonne volonté. Leur réactivité était très appréciable.