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Projet alimentaire interterritorial (PAiT) : quelles contributions des agences d’urbanisme ? 

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À l’occasion d’un webinaire organisé par Terres en Villes en février 2021, en partenariat avec la Fnau, Lilian Vargas, Chef du service Agriculture, Forêt, Biodiversité, Montagne de ‎Grenoble-Alpes Métropole, a relevé l’apport de l’accompagnement de l’Agence d’urbanisme dans la démarche du Projet alimentaire interterritorial (PAiT).

PROJET ALIMENTAIRE INTERTERRITORIAL : QUELLES CONTRIBUTIONS DES AGENCES D’URBANISME ?

Depuis 2019, l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise accompagne dix partenaires dans le dispositif PAIT (Projet alimentaire interterritorial) initié en 2015 et labellisé PAT en 2020 pour le territoire alpin. Le PAiT repose sur une gouvernance souple originale et fédératrice autour d’une douzaine d’acteurs publics issus de collectivités territoriales et parcs naturels régionaux, du monde associatif, des socioprofessionnels ainsi que des citoyens. Sa vocation : structurer un système alimentaire territorial durable et cohérent.

Intervention de l’Agence et de Grenoble-Alpes-Métropole

Quels rôles et quels outils mobiliser par les agences d'urbanisme pour contribuer aux politiques alimentaires ? L’Agence d’urbanisme de la région grenobloise a participé à un cycle d’échanges autour de l’alimentation, organisé le 23 février 2021 par Terres en Villes, en partenariat avec la Fédération nationale des agences d'urbanisme (Fnau).

Lors du webinaire, Lilian Vargas, Chef du service Agriculture, Forêt, Biodiversité, Montagne de ‎Grenoble-Alpes Métropole, a apporté son témoignage en expliquant le rôle joué par l’Agence dans ce projet interterritorial, à l’échelle alpine.

Voici ses propos.

« Dans la mise en place des PAT, l’approche alimentaire, qui dépasse l’approche agricole, amène souvent les territoires à l’élargir le périmètre au-delà de l’EPCI, cœur de métropole ou cœur d’agglomération (…). Le cas de Grenoble est peut-être l’un des cas les plus extrêmes sur cette coopération interterritoriale puisque notre PAT englobe la moitié du département et les deux tiers de la population. C’est le bassin de vie et d’alimentation de la métropole grenobloise. La démarche autour du PAiT nous a amené à rassembler des partenaires et territoires ayant des compétences et des natures extrêmement diverses. À notre échelle, on compte une métropole, une communauté d’agglomération, trois communautés de communes, deux parc naturels régionaux... Pas un n’a le même statut, les mêmes moyens, les mêmes capacités techniques ou financières ! Faire travailler tous ces partenaires ensemble nécessitait d’avoir des appuis méthodologiques ou même logistiques. La dimension fédérative de l’Agence a été extrêmement importante.

En mobilisant l’Agence d’urbanisme dans la mise en place de notre PAiT, nous avions plusieurs objectifs stratégiques :

    • Aller chercher des compétences complémentaires au comité technique, notamment sur des questions de méthodologie, réelle expertise de l’Agence. L’apport de l’Agence d’urbanisme a été précieux dans la définition de la gouvernance et notamment du travail avec la société civile. Les échanges nous ont fait progresser.
    • Bénéficier de la compétence de l’observation. (…) C’est l’Agence d’urbanisme qui est le principal apport d’ingénierie de nos observatoires sur Grenoble-Alpes Métropole.
    • Aller chercher une expérience de la transversalité. (…) On est habitué dans nos belles maisons à fonctionner en silo, par services, par direction et de façon étanche... À l’Agence d’urbanisme, il y a de vraies compétences et expériences de la transversalité.
    • Nous appuyer sur le savoir-être de l’Agence et sa neutralité. (…) Au début, nous avons eu du mal à assumer le leadership de la Métropole. L’apport de l’Agence a été extrêmement intéressant et important. C’était la caution neutralité, les autres territoires étant également membres de l’Agence.
    • Développer la compétence de l’agence sur les questions de l’alimentation, c’était s’assurer aussi d’une meilleure prise en compte à tous les niveaux, dans nos territoires. L’Agence, c’est aussi une structure qui accompagne de nombreux décideurs de nos territoires.
    • Objectiver les enjeux et poser les débats politiques. L’Agence propose des cycles de conférences et d’animation interterritoriaux, des lieux de débats et d’échanges où l’on parle d’alimentation, stratégie et objectifs. (…) Nous avons souvent un peu trop tendance à avoir des débats d’orientation, mais rarement des débats d’objectifs. L’Agence est un outil d’appui et d’expertise, pour poser et objectiver ce débat politique.
    • Bénéficier de la capacité de l’Agence à évaluer les politiques publiques mises en place, autant sur le plan méthodologique que sur le plan des moyens et des indicateurs à mettre en place.

Avec d’autres structures telles que les chambres d’agriculture, le réseau des conseils de développement… les agences d’urbanisme nous appuient et participent à créer une équipe d’ingénierie de territoire. Elles sont des partenaires incontournables aux côtés des services techniques des collectivités quelles qu’elles soient. »